Difficile lutte contre des marchés et parkings dans des artères de Butembo


Se frayer un passage dans des rues et avenues du centre-ville de Butembo, au Nord-Kivu, relève du parcours du combattant. Des produits des ventes et des véhiculent obstruent ces artères et rendent ainsi difficile la circulation ainsi que l’accès aux boutiques et magasins. Ces vendeurs refusent de délocaliser leurs activités dans des marchés périphériques situés dans les différentes communes. Le maire Mbusa Kanyamanda Sylvain tente de les dégager des rues…

Lundi 11 mai 2020, le maire Mbusa Kanyamanda Sylvain avec à ses côtés le commandant urbain de la police, les bourgmestres de Kimemi et Mususa sensibilisent des vendeurs qui  étalent leurs marchandises le long des rues et avenues et même ceux qui stationnent leurs véhicules et motos sur la chaussée de dégager les rues et avenues. Objectif, permettre une libre circulation autour du marché central. « Depuis un certain temps nous avons annoncé que nous allons désengorger le boulevard et d’autres artères importantes de la ville. Aujourd’hui, nous sommes passés pour sensibiliser les propriétaires des agences de ne pas charger leurs véhicules sur la chaussée. Il en de même pour les marchands qui utilisent les artères de la ville comme lieu de vente. Ils doivent quitter la route et rejoindre le marché central ainsi que les marchés communaux », explique Mbusa Kanyamanda Sylvain.

Crainte de perdre la clientèle

Tous les produits sont disponibles sur des étalages placés sur la chaussée : du poisson frais aux sous-vêtements en passant par les valises et les produits vivriers. L’embouteillage est à son maximum. Kaswera Euphrasie, une des vendeuses sur la chassée reconnait que c’est une erreur de ventre le long des rues. « Les commerçants nous font payer la location de l’espace devant leurs boutiques. Aussi, notre clientèle vient de la province orientale (Ituri, Tshopo, Haut Uelé,…) et elle aura du mal à arriver dans des marchés situés dans des communes », se dédouane-t-elle.

Même son de cloche pour Kambale Sikuli Augustin vendeur des souliers. « Les clients viennent tout en sachant où ils peuvent trouver des marchandises.  Quand on nous demande de nous délocaliser, je trouve que nos clients seront dispersés et cela pourra nous pousser de revenir encore aux alentours du marché », soutient-ils.

La politique s’en mêle

Il suffit de pénétrer dans le marché central de Butembo pour comprendre ce qui pousse les marchands dans les rues et avenues. Il n’y a pas un seul espace libre. Les clients se faufilent difficilement. Les produits vivriers sont étalés à même le sol, sur des sacs. Construit dans les années 50 alors que Butembo n’était qu’une simple agglomération de moins de 10 milles habitants, le marché n’a pas suivi l’explosion démographique de la ville qui compte aujourd’hui autour de 800 milles habitants.

A plusieurs reprises, les autorités locales tentent sans succès de les sortir des rues et avenues. Elles font toujours face à la résistance des politiciens. « Des trafics d’influences nous bloquent. Dès que vous osez déloger ces étalages, vous recevez des coups de fil et de menace de partout. Vous vous trouvez dans l’obligation de laisser tomber. Tant qu’il y aura élection, ces vendeurs ne sortiront jamais des rues et avenues », se désole une autorité policière qui a voulu rester anonyme.

Songer à un plan d’aménagement

Ceux qui vendent  le long des artères payent aussi des taxes et des frais de loyer contre l’espace occupé. Une responsabilité qui est partagée entre les boutiquiers et des autorités locales. « Pendant qu’ils étalent leurs produits devant nos boutiques, ils attirent aussi l’attention des clients à visiter les boutiques », explique Kasereka Kavalami Lwanga responsable des Ets Triomphale sur rue d’Ambiance.

Dans ce même ordre d’idée, Ngowire Lutegha Maurice administrateur adjoint du marché central de Butembo souligne que le problème revient aux responsables des boutiques qui sont le long de la route. « Nous avons des sérieux problèmes de les chasser  de ce lieux parce qu’ils nous disent qu’ils payaient l’espace devant la boutique », s’inquiète-t-il. Enseignent d’université et chercheur en planification régionale, Kambale Kighusu Richard explique qu’il serait mieux de repartir les activités économiques a travers la superficie da la ville. « Si on veut utiliser la force, on peut aboutir à un résultat peu interagissant. Il faut encourager les autorités à approfondir la réponse à la question de savoir pourquoi ces vendeurs préfèrent venir le long de la route que d’aller dans des marchés appropriés », conseille-t-il.

Serge Muyisa Nzanzu, stagiaire académique


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