Entre la STS/ENK et ses abonnés de Beni-Butembo, le courant passe difficilement…


Délestage et coupure d’électricité deviennent une habitude à Beni et Butembo, deux villes de l’Est de la RDC qui jouissent d’électricité de STS/ENK (Société des techniques spéciales et Energie du Nord-Kivu). Ce qui pénalise des abonnés qui vivent grâce à ce courant. Pourtant cette desserte en électricité n’a même pas un quinquennat dans la zone.

A l’espace de trois jours, du lundi 13 au mercredi 15 juillet 2020, les abonnés de STS/ENK en ville de Butembo disent avoir enregistré en moyenne dix coupures du courant par jour. Des ateliers de menuiserie ou d’ajustage, des radios locales, cabinets de téléchargement de musique, charges des téléphones, salons de coiffure, bistrots et même des hôpitaux et institutions financières éprouvent du mal à fonctionner pendant ces coupures intempestives et répétées d’électricité. «  Avec ces coupures, je ne parviens pas à satisfaire mes clients. Au même moment les clients ne s’acquittent plus quand leurs téléphones ne sont pas bien chargés. Ca me pénalise vraiment », se lamente une détentrice d’une cabine de charge des téléphones au rond-point de la Cathédrale.

D’autres encore se plaignent que ces coupures endommagent et bousillent leurs matériels de service ou même des matériels électroménagers. Un responsable d’une radio implantée récemment à Butembo indique qu’il vient de perdre deux mixeurs et faire réparer son émetteur plus de trois fois suite aux pannes que causent les coupures intempestives du courant. « Les dégâts sont énormes. Si on commence à facturer cette entreprise d’électricité pour le tort qu’elle nous cause, je ne crois pas qu’elle puisse s’en sortir. Mais on va finir par résoudre nos différends au tribunal », indique Kambale Sikulisawa, un opérateur économique qui vient de perdre aussi son téléviseur.

Coût élevé mais pas satisfaisant

En septembre 2019 le mouvement citoyen LUCHA (Lutte pour le changement) avait manifesté contre cette société pour dénoncer la mauvaise qualité du courant électronique, les coupures intempestives, la surfacturation du kilowatt qui ne tient pas compte des réalités locales,… En effet, 1 kilowatt s’achète à 0.33 $ et l’abonnement varie entre 300, 500 voire 1000 $. « A cela il faut ajouter les frais de raccordement et la location mensuelle du compteur. Même sans consommer du courant, vous aurez à payer le compteur chaque mois. C’est inhumain », s’indigne Kambale Karakasi, responsable d’un garage d’ajustage. D’autres vont jusqu’à envisager de se désabonner à ce courant mais ils ne savent pas où aller.

Mais au bureau de STS/ENK on joue à l’apaisement. Ici on indique que les coupures d’électricité sont liées aux foudres qui endommagent certaines installations ainsi qu’à l’abattage désordonné d’arbres à côtés des lignes de distribution du courant. « Les délestages sont involontaires. Il y a de fois où la  foudre endommage aussi nos installations. Nous sommes en train de replacer les matériels foudroyés et nous promettons que nos abonnés vos retrouver le courant normalement sans délestage », explique Katembo Musavuli Philémon porte-parole de l’entreprise Energie du Nord-Kivu.

Pendant ce temps, nombreux pensent qu’il faut une concurrence dans ce secteur pour avoir une fourniture satisfaisante en énergie électrique. Certains responsables de ménages ne jurent jusque-là que par l’énergie solaire en attendant la stabilité dans la desserte en énergie électrique.

Umbo Salama


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